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Au gré des vents dans les îles dalmates

Par Josy Mondet-Marteau

Voilà des vacances qui s'annonçaient bien : le soleil nous attendait, le bateau était prêt, l'avitaillement fait et le personnel de l’agence absolument charmant.

Pendant quinze jours, nous allions naviguer dans les îles dalmates. Notre programme n’était pas vraiment établi. Nous avions envie d’aller au gré du vent et de la mer, et notre route s'adapterait aux volontés de la nature.

Jelsa
Jelsa

Et c'était bien pensé car dès le lendemain, le temps changeait. Vent, pluie, et même froid. Il nous faudra d'ailleurs 15 jours pour retrouver un éclatant soleil...le jour de notre départ.

La position de Split, à deux pas des îles de Dalmatie, nous avait décidé à choisir cette ville comme point de départ de notre croisière. Nous avions contacté par Internet une agence de charter qui nous avait réservé un Bavaria 36. Avec quatre personnes à bord, le bateau était suffisamment confortable pour passer agréablement ces quinze premiers jours de juin, même si le temps, un peu frais, ne nous permettait pas de profiter pleinement du cockpit pendant les escales. Mais heureusement, après une première journée très frileuse et venteuse, le temps s’est progressivement amélioré et nous avons pu aller de mouillage en mouillage, nous arrêtant dans les criques pour déjeuner et même nager.

En cette fin de printemps, relativement peu de voiliers naviguaient entre les îles. Nous avions donc toute liberté pour arriver dans les ports en fin d’après midi sans risque de nous trouver devant un quai bondé. Et petit à petit, nous avons pris un rythme quasiment routinier : départ vers 9 heures du matin, navigation le long de la côte. Arrêt déjeuner, baignade et navigation jusqu’en fin d’après midi pour atteindre le port suivant.

Un crique sur Hvar entre Jelsa et Povija
Un crique sur Hvar entre Jelsa et Povija
Les îles sont très proches les unes des autres et de nombreux petits ports nous attendaient pour nous faire découvrir le charme de leurs ruelles. Les marinas sont encore rares mais les quais sont parfaitement aménagés pour recevoir tout type de bateau. Quelle que soit l'île, un marin vous attend sur le quai pour vous indiquer votre emplacement, prendre vos amarres, vous brancher sur l'eau et l'électricité pour un tarif des plus raisonnables (en moyenne, pour un bateau de 36 pieds nous avons payé une dizaine d’euros par jour). Et bien sûr, quantité de petits restaurants, bars, cafés et boutiques bien sympathiques. Mais il faut bien reconnaître que si nous étions partout parfaitement reçus, la cuisine ne nous a guère enthousiasmés. La grande spécialité semble être uniquement la brochette !

Les îles sont encore très vierges. Pas de grands ensembles sur la côte, pas de clubs ni d’hôtels ravageant le paysage. Seulement des petits villages aux maisons de pierres construites dans le style croate, restaurées certes, mais dans l’esprit traditionnel. C’est le grand charme de ces îles.

Drevnik, pourtant si proche du continent, à une vingtaine de milles de Trogir, semblait bien endormi, lorsque nous sommes arrivés. Il faut dire aussi qu’il pleuvait des cordes et que nous étions le seul bateau, amarré sur l’unique petit quai du port. Tout était silencieux, personne ne se promenait dans le village. Seul le petit bar restaurant était un peu animé et on y parlait même espagnol. Il semblait que rien n'avait changé en cinquante ans, et même, les quelques voitures que nous avons vues n’étaient pas très jeunes.

Vis
Vis
Petit à petit, le temps s'améliorait. Chaque jour le soleil apparaissait un peu plus entre les nuages. Le vent quant à lui, commençait à nous abandonner. Outre les trois premiers jours ou vent et pluie nous ont accompagné, le reste du séjour a plutôt été marqué par un vent très léger, souvent absent d’ailleurs. Mais nous avons pris plaisir à avancer doucement, un œil sur un livre, l’autre sur l’horizon. Nous n’étions pas pressés et il nous suffisait d’arriver en fin d’après midi, poser nos amarres et passer une nuit tranquille au port.

Vis est autrement plus animée. L’île est en pleine évolution et attire les visiteurs. Dans la ville principale, les maisons en pierre de taille, entourées de vastes jardins, sont remises à neuf, les boutiques, les restaurants s’installent. Mais tout cela est fait dans les traditions de l’île et Vis garde un charme profond. De même que Komiza, sur la partie ouest, petit port fort fréquenté où, par cette fin d’après midi plus ensoleillée, tout le village semblait s’être réuni sur le quai pour bavarder.

Deux grandes îles séparent Vis de la côte de la Croatie : Hvar et Brac.

Depuis Hvar, vue sur Palmizana
Depuis Hvar, vue sur Palmizana

De Vis, nous apercevions Hvar. Et de Hvar, Brac est à une portée de miles.

Nous avons trouvé notre première marina, Palmizana, en face de Hvar ville. Très bien organisée, dans une île encore sauvage. Quelques maisons bien dissimulées dans la nature, un club de vacances très restreint et des kilomètres de sentiers, de plages désertes, de criques de rêve. Une navette vous amène pour un prix modique en face, dans la capitale, Hvar. Quelle merveille ! Quel plaisir à se promener dans les ruelles escarpées pleines d’histoire et de charme !

Et quelle joie de se retrouver le soir dans la marina calme et tranquille.

Et enfin de prendre un premier bain. Le temps s’améliore ! Eau : 17º
Nous allons à notre rythme, doucement, nous avons le temps…..mais le temps passe.

Nous avons découvert Starigad, Jelsa, Povija et bien d’autres petits ports, tous avec les mêmes caractéristiques : un quai, quelques bateaux, des villages ravissants, avec, ce qu’il nous a semblé, une âme encore intacte, loin des folies immobilières.

Palmizana marina
Palmizana marina
Et celui qui nous a laissé l'envie d'y retourner : Bobovisce, sur Brac. Peut-être parce que c'était notre dernier mouillage, la fin de ces moments privilégiés que sont des vacances réussies, mais peut-être parce que Bobovisce est tout simplement beau. Un bras de mer, un deuxième.... le bateau pénètre dans l'île, s'approche des rives, découvre un petit quai, un petit village et un je ne sais quoi qui amène sur nos visages un sourire de plaisir, de contentement. C'est vraiment tout simple et pourtant si beau. Ce soir là tout se mêlait : la lumière, la douceur du temps, la tranquillité, le charme. Un de nos plus beaux souvenirs d'escale en Croatie.




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